La complainte de Cartouche

Title

La complainte de Cartouche

Synopsis

Cartouche was a celebrity outlaw, arrested 14 October 1721 after denunciation. He nearly escaped but a dog's barking gave him away.
Louis Dominique Garthausen, also known as Cartouche (1693, Paris - November 28, 1721, Paris; age 27-28), who usually went by the name of Louis Bourguignon or Louis Lamarre when he wanted to hide his identity, was a highwayman who terrorized the roads around Paris during the Régence until the authorities had him broken on the wheel.

Cartouche's exploits were described in ballads and popular prints and have been vividly revived in bodice-rippers and the swashbuckling romance with slapstick comedy of the film Cartouche (1962) by Philippe de Broca, starring Jean Paul Belmondo and the twenty-three-year-old Claudia Cardinale.

Set to tune of...

Il était un berger

Transcription

Enfin Cartouche est pris
Avecque sa maîtresse
On dit qu'il s'est enfui
Par un tour de souplesse
Un chien l'a fait r'pincer
Dès le matin !

On l'a mis au cachot
Avec un fort bon drille,
Sans couteau ni ciseau
Ni marteau ni faucille
Leurs mains ont fait un trou
Chez le voisin !

Il dit à la question
"- Je ne suis pas Cartouche"
Je suis Jean Bourguignon
Je ne crains point vos douches
Je suis Lorrain de nation
Je suis Lorrain"

On le mena Jeudi
En place de Grève
Tout était si rempli
Que tout le monde y crève.
Puis on l'a fait sortir
De sa prison

En montant l'escalier
De l'Hôtel de Ville
Il dit au gonfalier
"- Ami je suis débile
Donne moi un verre de vin
Mon cher ami"

On dit qu'il accusa
Grand nombre de personnes
Des pays étrangers
Des femmes, aussi des hommes
Il fut exécuté
Le vendredi.

Method of Punishment

breaking on the wheel

Crime(s)

highway robbery

Gender

Date

Execution Location

Paris, Place de Greve

URL

http://www.chansons-net.com/Tine/E560.html

https://youtu.be/6HaAGL2perA

Notes

Louis Dominique Garthausen dit Cartouche (mais aussi Bourguignon ou Lamarre), né en 1693 et mort le 28 novembre 1721, était un brigand puis un chef de bande (une de ces bandes de la Cour des miracles, leur repaire, qui sévissaient à Paris au début du XVIIIe siècle, sous la Régence).

Intelligent, acrobate et spirituel, Cartouche, qui redistribue une partie du bénéfice de ses crimes aux petites gens,
gagne vite une certaine estime parmi une population exaspérée par les corruptions de l'époque.

Trahi par Gruthus, son complice qui sauve ainsi sa peau (et peut-être aussi dénoncé par une femme),
il est arrêté au petit matin dans le cabaret Au Pistolet, à la Basse-Courtille, le 14 octobre 1721.

La légende dit que réveillé à temps, il manque réussir son évasion, mais est trahi par un chien qui se met à hurler.
Mené pieds nus au Châtelet, il y est retenu enchaîné dans une cage afin de prévenir toute évasion. Il fait alors l'objet de la curiosité du Paris mondain : des comédiens du Théâtre-Français l'examinent pour mieux le jouer et des dames de première distinction, dont la maréchale de Boufflers, ainsi que le Régent lui-même, lui rendent visite. Le 21 octobre, il est écroué à la Conciergerie sur décision du Parlement qui veut stopper l'intérêt du public. Il subit la procédure judiciaire dirigée par le conseiller Arnaud de Boux, maître des requêtes dont le père avait été assassiné sur la route de Bordeaux. Cartouche nie tout, y compris son état-civil, refuse de reconnaître sa mère, et affirme ne savoir ni lire, ni écrire. Le 26 novembre, il est soumis à la question extraordinaire et subit la "torture des brodequins". Malgré son silence, il est condamné à mort.

Le lendemain, jour pluvieux du supplice, entouré de 200 archers et ne voyant pas arriver ses compagnons qui avaient pourtant fait le serment de le libérer, Cartouche, sans doute par dépit ou par fureur, déclare vouloir faire des aveux. Ramené devant ses juges, il révèle beaucoup de choses et livre ses complices durant dix-huit heures. Des procès suivront ses déclarations jusqu'en 1723 : plus de 350 personnes seront arrêtées pour leurs liens avec ce chef de bande, dont du personnel de la suite de mademoiselle Louise-élisabeth, fille du Régent. Mais Cartouche n'est pas sauvé pour autant :l est roué* vif en place de Grève, à Paris, le 28 novembre 1721.
Les jours suivants, son cadavre est exposé dans une baraque et les curieux paient pour voir sa dépouille. Balagny le suit sur l'échafaud, puis son frère Louison, âgé de 15 ans, et d'autres complices encore. Ses acolytes les plus chanceux finissent aux galères, comme son deuxième frère Francis Antoine.
Le régime respire : c'est que certains noms proches de Cartouche sont des habitués des allées du pouvoir. Pourtant, assez rapidement à l'annonce de son arrestation puis de sa disparition, la légende de Cartouche commence. Sa mort à 28 ans en fait un héros martyr du pouvoir royal et des riches. Son histoire est reproduite sous diverses formes : poèmes, chansons populaires (La Complainte de Cartouche) et même pièces de théâtre de la Comédie-Française (Cartouche ou les voleurs de Legrand, en octobre 1721) et de la Comédie-Italienne (Arlequin Cartouche de Riccoboni père dit Lélio). En 1723, Nicolas Grandval publie un poème intitulé Cartouche ou le Vice puni. Par la suite, sa biographie, souvent romancée, sera souvent rééditée tout au long du XIXe siècle ; elle sera même complétée par des images d'épinal. Son masque mortuaire est aujourd'hui conservé au musée municipal de Saint-Germain-en-Laye.

*Utilisé en Europe à partir du XVIe siècle, ce supplice est réservé aux criminels à partir de 1535 environ en France ;
auparavant, ils étaient exécutés sur le bùcher qui, à partir de cette époque, fut réservé aux hérétiques.
La roue fut le supplice réservé aux brigands, dont un exemple peut être Louis Mandrin en 1755.
(http://fr.wikipedia.org/)

Citation

“La complainte de Cartouche,” Execution Ballads, accessed May 25, 2020, https://omeka.cloud.unimelb.edu.au/execution-ballads/items/show/996.